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En cours : Chroniques Nocturnes tome 1 : Les Mémoires Vengeresses

Photo de nekostory

nekostory

Description :

Bienvenue à tous et à toutes, futurs lecteurs, ou simplement visiteurs !

++++++++++++++++++++

Dilogie Chroniques Nocturnes :
+ tome 1 : Les Mémoires Vengeresses

+ tome 2 : La Guerre du Silence

© Aline A.

++++++++++++++++++++

Les Chroniques Nocturnes ne seront pas une histoire secrète, les articles ne seront pas VIP. Pourquoi ? Pour la bonne et simple raison que certains de mes lecteurs n'ont pas de blog, et que je ne veux pas les obliger à en créer un.

Mais au moindre plagiat, la fiction deviendra secrète. A bon entendeur.

++++++++++++++++++++

Remerciements :
+ Sempai : Pour son soutiens inébranlable et ses précieux conseils

+ Undertaki : Pour ses corrections et ses améliorations textuelles

+ Darknika-création : Pour les sublimes images et ses critiques essentielles

+ Mme Lahouge : Pour m'avoir donner le rêve de publier

+ Et à vous tous, qui me lisez

++++++++++++++++++++

Ne vous faites pas de pub ici, je le la validerai pas et en plus ça va m'énerver. Par contre j'accepte les demandes d'amis si je peux converser avec vous, et bien sur j'accepte vos critiques !

Pour finir, parlons franchement, le premier qui me copie je le traine en justice, compris? Vous pouvez même insulter la fic si ça vous fait plaisir mais pas de plagiat.
Les Chroniques Nocturnes sont protégés sous Creative Commons ©.

Les images servant à représenter les personnages ne m'appartiennent pas, mais l'histoire m'appartient.

J'essaye d'associer une musique à chaque chapitre, cliquez donc sur ce petit symbole ๏ pour l'écouter !

Bonne lecture !

++++++++++++++++++++

+ Merci à mes 27 fans ♥

+ Chroniques Nocturnes : 21 Janvier 2009

+ Merci à DarkNika-Création pour les illustrations.

+ Merci à ma bêta-team aussi performante qu'exploitée !

++++++++++++++++++++

H.S du moment : Tout va revenir doucement, promis. Bientôt des news ! o/

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  • Mise à jour : 23/04/2012 à 03:42
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๏ Bienvenue / Sommaire ๏

๏ Bienvenue / Sommaire ๏

Welcome welcome !

Entrez donc, prenez une chaise ! Le tapis est assez confortable aussi, par contre ne vous asseyez pas sur le chat. Non non, il va très mal le prendre et votre arrière train va en payer les frais. Le blond là ? Il a mangé, ne vous en faites pas. Ne vous vexez pas du manque de réaction du brun, il n'est pas très causant... Les autres sont assez calmes, les somnifères font effet. En ce qui concerne la boisson... Et bien, à vos risques et périls. Ce breuvage ne convient pas à vous autres, humains. Ne recrachez pas le sang partout s'il vous plait.

Mais revenons au sujet principal.

Sur ce blog, vous aurez la possibilité de lire les "Chroniques Nocturnes". Koatess ? Et bien, pour simplifier : c'est une histoire. MÊME QUE SI ! *sbaf* Plus sérieusement, les "Chroniques Nocturnes" c'est une histoire de vampires. L'action se déroule de nos jours, dans une ville perdue au temps grisâtre,avec des vampires gentils, des méchants, des pas trop méchants, des pas si gentils... Bref de tout genre. Le prologue sera mieux placé que moi pour vous en parler je pense...

Dernière chose, les "Chroniques Nocturnes" contiennent une romance homosexuelle. RANGEZ VOS CITRONS BON SANG ! Pas de ça à la maison. Ils sont prévenus, si je les trouve à faire des galipettes entre les lignes je les baffe. Non mais !
 
Bonne visite !
 
Merci à la bêta-team exploitée : Ookami, Maichka, Sempai et Pocky.
_____________________________________________________________________________
 
Sommaire :
Page 1 :
Bienvenue / Sommaire ๏ Publicité, annuaires, blabla & co ๏ Newsletter ๏ Chroniques Nocturnes ๏ Chapitre 1

Page 2 :
Chapitre 2 ๏ Chapitre 3 ๏ Chapitre 4 ๏ Chapitre 5 ๏ Chapitre 6










_____________________________________________________________________________
 Me voilà en France. Loin d'un beau et grand rêve. Mais bon, on s'y fait hein. Alors Psy4, le retour c'est bien passé, même si j'ai déprimé comme un dingue x) Là je m'offre une nouvelle semaine de vacances chez une amie, dans le sud. Je commence à me replonger dans les Chroniques Nocturnes, lentement mais surement. A vrai dire, j'ai perdu une bonne partie de ma motivation mais j'ai connu ces passes. Quitte à tout recommencer /comment ça "encore" ? Du tout/ je finirais bien par avoir un résultat concluant. En gros à être heureux de me boulot. Fier de mes textes. Et ne plus chercher à faire un truc trop génial et hyper original. Adieu éditions et toutes ces conneries. Si je retrouvais les bonnes vieilles conneries à placer en plein milieu d'un chapitre ? Bref. J'ai encore fait un pavé o/

J'aime pas du tout le nouveau Skyrock, c'est infernal pour s'y retrouver.
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#Posté le dimanche 28 juin 2009 10:05

Modifié le lundi 23 avril 2012 03:42

๏ Publicité, annuaires, blabla & co ๏

Car il y a des Grands sur la toile : des histoires formidables qui me plaisent, des annuaires géniaux et bien organisés, des gens juste sympa et de bons conseils... Ici, ce sera le coin des coups de c½ur du Neko.







_____________________________________________________________________________
 
Les Chroniques Nocturnes sont sur :
Les auteurs de demain, un annuaire répertoriant les fictions du net.
Le Nautillus-Books, un répertoire m'offrant ma toute première critique, et ma première place sur un répertoire.








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Mes coups de c½ur :
L'écho brisé, de Wendy, vous fera voyager à coup de magie, d'humour et de rebondissements en tout genre. De quoi passer un agréable moment !
 
_____________________________________________________________________________

Je suis également un des gérants du Nautillus-Books, un répertoire à 300 lieux sous les mers...
 
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Oui, c'est beau.
​ 2 | 1
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#Posté le mardi 21 juin 2011 12:38

Modifié le dimanche 28 août 2011 11:39

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#Posté le dimanche 13 décembre 2009 06:32

Modifié le samedi 30 juillet 2011 15:20

๏ Chroniques Nocturnes ๏

๏ Chroniques Nocturnes ๏
๏ Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur;
le souvenir de la douleur est de la douleur encore ๏


Lord George Gordon Byron

"J'avais une vie. Peut-être pas la plus belle et la plus rose de toutes, mais je vivais. Et j'étais heureux. Mais cependant... Tout à une fin. Mon existence également. Étais-je mort ? A mes yeux, je l'étais bel et bien. Ce c½ur niché dans ma poitrine ne battait plus, et ne battra plus jamais. Pourtant je suis encore ici, à errer dans ce monde."

Le fragile équilibre entre humains et vampires est menacé. Les Daemonis, prônant la supériorité des vampires, souhaitent adresser un message au Monde et dévoiler leur existence. Mais les Angelus, eux, se battent pour protéger ce secret et leur survie. Au c½ur de ce conflit, les Gardiens appliquent une loi terrible pour contrôler cette guerre invisible. Mais cette rivalité devient peu à peu ingérable, et le secret est sur le point d'éclater au grand jour.

C'est dans cet univers que ce sont trouvés Abel et June. L'un souhaite revivre et oublier, l'autre se venger de son passé. Mais tous deux sont liés par un même homme, celui qui arracha l'humanité d'Abel. Ensemble, ils tenteront tous deux de mener leurs buts à bien... Sans se douter des conséquences que cela pourrait entrainer.

Deux êtres brisés peuvent-ils se sauver, ou s'entraîneront-ils mutuellement dans leur chute ?

Pix by Dark6nika




© Aline A.
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#Posté le samedi 08 mai 2010 16:06

Modifié le mardi 23 août 2011 15:33

๏ Chapitre 1 -Cet inconnu-

๏ Chapitre 1 -Cet inconnu-D'aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais aimé la foule. J'ai toujours été quelqu'un de calme et réservé, et mon caractère collait, d'après mes proches, à mon apparence. Brun aux yeux bleus et au teint pâle, à la silhouette élancée et d'une maigreur parfois effrayante. Attrayant n'est ce pas ? Je me rappelle encore du temps où Il me comparait à un vampire... Imaginait-Il seulement que ma vie et la sienne prendraient ce tournant ? Pensait-Il qu'à 19 ans, sa vie s'arrêterait brutalement un 16 octobre, jour de mes 17 ans ? Croyait-Il que moi, je serai le seul survivant de cette attaque, de cet assassinat, qui allait marquer pour moi la fin de ma vie humaine ? Non, personne n'aurait pu savoir, puisque personne n'y croyait. Ce n'était qu'un mythe après tout. C'est ce que je m'étais inlassablement répété, pendant le mois qui accompagna ma métamorphose. C'était toujours les mêmes mots qui sortaient de ma gorge en feu, tandis que mes muscles semblaient se déchirer, que mon c½ur cessait de battre, que mes yeux s'enflammaient et que mes canines saignaient en déchirant mes gencives. Je ne pourrai jamais oublier cela.

Depuis ce fameux 16 octobre, le moindre contact, la moindre approche m'effrayait. Je n'avais pas peur des autres, mais de moi-même, et de ce que je pourrais leur faire. Je n'étais rien d'autre qu'un monstre, qu'une erreur de la nature. Et pourtant j'existais encore. Pourquoi ? Car j'étais juste trop lâche pour mettre fin à mes jours.

Je n'avais cependant guère le choix, chaque jour j'étais confronté aux vivants, des lycéens se promenant dans les rues en riant, passant par les vieillards qui contemplaient l'architecture des habitations, ou encore les hommes d'affaires qui marchaient d'un pas pressé et sûr. Personne ne prêtait attention à l'insecte que j'étais devenu, à ce déchet de la société actuelle qui était réduit à vivre et mendier dans la rue, plus communément appelé SDF. J'étais encore mineur lorsque ma vie avait pris ce nouveau tournant, et je n'avais ni travail, ni revenu, par conséquent, je m'étais fait expulsé de l'appartement que j'occupais autrefois avec Lui. Enfin, pour être précis, j'avais déserté les lieux avant que l'huissier ne vienne les saisir, m'évitant ainsi d'être placé dans un foyer, une famille d'accueil, ou n'importe quel endroit qui m'obligerait à avoir un contact prolongé avec des vivants. J'aurai pu retourner vivre chez mes parents, mais ces derniers, après avoir découvert mon homosexualité, m'avaient chassé du domicile familial, et Nous nous étions installés ensemble. Un mal pour un bien. J'avais vécu un bonheur parfait, avec la personne parfaite et le soutien de Sa famille, la mienne ayant disparu dans l'est de la France sans chercher à reprendre contact. Ce qui n'était pas un mal, d'ailleurs, je les détestais. A Sa mort, je n'avais pas cherché à trouver le moindre soutien auprès des siens, non seulement à cause de ma nouvelle nature, ayant peur de m'en prendre à eux, mais également car je ne voulais pas avoir de contact avec mon ancienne vie.

J'avais appris la dure loi de la rue, où chacun avait son territoire, et où les plus faibles servaient au plus forts. Qu'on ne vienne plus me faire croire que les hommes étaient plus évolués que des bêtes. Livrés à eux-même, ils étaient pire. Je ne comptais plus le nombre d'agressions ou de vols que j'avais subis, m'en tirant à chaque fois plus ou moins bien. Mon apparence, que l'on pouvait facilement qualifier de gothique, ne m'aidait absolument pas non plus, et entrainait son lot quotidien d'insultes et de rabaissement moral. L'espèce humaine était vraiment horrible, je l'avais appris à mes dépends.

Ce jour là, la pluie s'abattait en continu, et les passants marchaient rapidement pour aller se mettre à l'abri, au chaud, chez eux. Une partie d'entre eux iraient ouvrir leur réfrigérateur pour prendre de quoi se sustenter, d'autres salueraient leur famille, certains iraient encore prendre une douche bien chaude pour se réchauffer. La température n'était vraiment pas élevée, en plein milieu du mois de Février. Je ramenai mes jambes contre mon torse, les entourant de mes bras, et fixais le sol, martelé par la pluie et les pas des Caennais. Je sentais le vent glacial fouetter mon visage et mes bras nus, passant au travers de mon T-shirt pour me geler jusqu'aux os. Pourtant, j'étais légèrement abrité, dans ce renfoncement entre deux magasins, et partiellement à l'abri des regards. Je supportais difficilement ma condition seul, ce n'était pas pour voir à longueur de journée des coups d'½il plein de dégoût ou de pitié. Enfin, avec le temps qu'il faisait, ils s'intéresseraient plus à la tenue de leur coiffure, la propreté de leur vêtement ou la survie de leur achat, plutôt qu'à un pauvre sans abri comme moi. Soit dit en passant, les humains avaient tendance à se montrer plus généreux quand le temps était clément. Ils n'avaient pas idée de la chance qu'ils avaient. Porter des vêtements propres, pouvoir se laver chaque soir, être au chaud... Tout cela, ce n'était plus qu'une idylle pour moi. Passer 13 semaines sans pouvoir se laver, c'est un véritable enfer. Honnêtement, j'aurai été capable de vendre mes organes, une partie m'étant de toute façon inutile, pour pouvoir me jeter sous une douche, et mettre le feu à ces déchets que je portais depuis tout ce temps.

Enfin, je n'étais pas le plus à plaindre. Je n'avais pas sombré dans l'alcool, et je n'avais pas besoin d'acheter de la nourriture. Soit je me nourrissais sur des animaux, comme des chats errants ou des pigeons, soit je volais directement dans les seuls endroits susceptibles de me fournir ce dont j'avais besoin : des banques de sang, ou des hôpitaux. Personnellement, je préférais voler. Cela, bien sur, pouvait mettre en danger la vie de blessés graves, mais je volais le sang que l'on trouvait en plus grande quantité, le A+. Je ne voulais pas être placé au rang de meurtrier, en plus de celui de monstre inhumain. Je n'étais déjà pas vraiment fier de devoir voler...

La tempête se calma peu à peu, et la pluie fut remplacée par une légère éclaircie, qui ne durerait sans doute pas. Le temps de Normandie était extrêmement instable, pouvant passer d'un soleil radieux à un ciel chargé en quelques minutes seulement, et vice-versa. Autant dire que le ciel était un vrai lunatique capricieux. Quelque chose me sortit de mon mutisme, le bruit d'un objet heurtant le sol devant moi. Chacun de mes sens étaient devenus bien plus développés depuis l' incident, et je compris aussitôt que le tintement qui avait retentit était celui de pièces de monnaie. Je relevais légèrement les yeux, mais la personne détourna presque aussitôt le regard en reprenant sa route, un sourire aux lèvres. Un doute m'assaillit, tandis que j'observais ses cheveux mis-longs blonds hérissés de piques, et ses vêtements pouvant se rapprocher un gothique, ou du punk. Était-ce un homme, ou bien une femme? La morphologie du corps m'indiqua qu'il devait être un homme, mais j'avais légèrement aperçu son visage, et ses traits étaient assez féminins. De plus, je n'avais pas entendu les battements de son c½ur, mais je mis cela sur le compte des différents bourdonnements, qui régnaient continuellement dans les rues.

Je laissais mes interrogations de coté, puisque de toute manière, je n'avais presque aucune chance de le, ou la revoir, et ramassais l'argent. Un mal de tête me pris, et un sifflement aigu résonna à l'intérieur de ma boite crânienne. Ce n'était pas la première fois que cela m'arrivait, et c'était toujours aussi désagréable. Parfois, j'avais la sensation de ne plus contrôler mon corps... Comme si je n'étais qu'un simple pantin. Cela durait quelques secondes, mais c'était suffisant pour me terrifier. Marcher sans le vouloir, s'approcher trop près d'une femme au cou dégagé, manquer de se jeter sur un 'semblable'... C'était réellement effrayant, surtout quand on ne le souhaitait absolument pas.

J'entendis l'église sonner, et mon regard se dirigea vers l'imposant bâtiment qui indiquait 17 heures. Le soleil commençait à disparaître, et le temps se rafraichissait, tandis qu'une partie des promeneurs se hâtait pour rentrer chez eux. Un soupir franchit mes lèvres, et j'étendis mes jambes afin de me dégourdir un peu, relevant les yeux vers le ciel, qui se teintait de couleurs froides.

- Bravo Abel... Ça fait 14 semaines aujourd'hui, marmonnais-je.

Je restais assis ici encore une heure ou deux, avant de me lever pour aller chercher un endroit calme où passer la nuit. Le centre ville n'était pas la zone la plus fréquentable, encore moins lorsque le soleil était couché. Dès ma seconde semaine dans la rue, j'avais pris l'habitude de rechercher un coin tranquille, mais les meilleurs endroits étaient souvent pris... Et la loi du 'premier arrivé, premier servi', n'était pas en vigueur ici. C'était plutôt celle du 'cette place me plait, si tu y es et que je suis plus fort, tu dégages'. Ce n'était pas plus compliqué que cela. Cette vie ne se résumait pas à mendier et à rester assis toute la journée, il s'agissait aussi de connaître et retenir chaque emplacement squatté par les 'chefs' de la rue, et de ne surtout pas y mettre les pieds, sous peine de se retrouver au sol et roué de coups pendant, parfois, une bonne heure. Je parlais en connaissance de cause. Si mon corps ne se régénérait pas aussi rapidement, j'aurai fini dans un hôpital plus d'une fois... D'ailleurs, repenser à cela me rappela que mon dernier repas remontait à huit jours. La faim commençait à me tenailler légèrement, et la sensation de brûlure dans ma gorge se réveilla. J'irai chasser ce soir. Et pas des pigeons, histoire de changer, et de me nourrir convenablement au moins une fois par mois.

Je fini par me poser sur un des bancs qui bordaient la rivière de Caen, m'allongeant tranquillement dessus sans me soucier des quelques promeneurs. J'étais honteux de ne pas avoir de toits dans les débuts, mais maintenant... Je me fichais de l'opinion des autres. La seule chose qui me rendait toujours anxieux était que l'on découvre ma vraie nature. La nuit tomba graduellement, et après m'être légèrement assoupis, je me forçais à ouvrir les yeux. Si je ne connaissais pas aussi bien ma limite, je n'aurai même pas pris la peine de me lever, mais d'ici un à deux jours, je me jetterai sur la première source palpitante que je dénicherai. Et je ne tenais pas à tomber sur un humain, j'avais assez d'ennuis comme ça.

J'aperçus un tramway s'arrêter à plusieurs mètres, mais je n'en tins pas compte, puisque je n'allais pas utiliser un quelconque moyen de transport. J'avais eu le temps d'exploiter chaque ressource que ce nouveau corps pouvait m'offrir. Et s'il y avait bien un avantage majeur dans ma condition, c'était bien la vitesse. La seule règle était bien sur de passer inaperçu, sous peine de mettre tout un quartier en émoi pendant trois bonnes semaines. Et oui, j'avais fait pas mal d'erreurs, pour apprendre à me servir correctement de mon nouveau corps... La pire fut sans doute d'avoir mal calculé la distance qui séparait deux toits... Mon dos s'en souvient encore. Au moins, j'avais également appris que mes os avaient une résistance étonnante. Depuis, j'avais développé une certaine crainte du vide, alors qu'avant, marcher sur une poutre à trente mètres de hauteur ne m'intimidait même pas. Quoi qu'en y repensant, j'étais un peu irresponsable... Mais Il avait toujours été là pour me protéger... Il avait toujours prit soin de moi, et avait toujours tout fait pour que nous soyons le plus heureux possible...

Je fermais brusquement les yeux et me levais d'un bond, chassant les larmes qui menaçaient de couler. Je ne devais pas repenser à tout cela, pas maintenant. Je ne pouvais pas me permettre de replonger. Je pris une profonde inspiration, m'obligeant à me calmer, même si je n'avais pas besoin d'oxygène pour cela, et rejetais tout le plus calmement possible. Une vieille habitude 'humaine' que j'avais gardé, mais qui faisait toujours ses preuves. Enfin, dans la mesure du possible. Je fini par me mettre en route en entendant les échos de rires et de pas au loin, ne souhaitant pas croiser la route de qui que ce soit. Comme toutes personnes s'apprêtant à commettre un vol ou une infraction, j'avais tendance à devenir légèrement paranoïaque, et à m'angoisser pour un rien. Je jetais plusieurs coups d'½il autour de moi, et après m'être assuré que personne ne me voyait, je m'élançais à la suite du tramway, parti quelque minutes avant moi, et le dépassais aisément en me camouflant dans l'ombre. Si le moindre humain avait tourné les yeux vers moi à ce moment précis, il aurait sans doute pensé à une hallucination. Personne ne pouvait se mouvoir aussi rapidement, et disparaître aussi aisément dans l'ombre comme un animal... Sauf moi, et probablement celui qui avait fait de moi ce que j'étais. Un frisson de dégoût et d'effrois me saisit, et je m'évitais une chute de peu en me rattrapant de justesse à un réverbère. Décidément, j'enchaînais les pensées que je m'étais efforcé d'ignorer et d'oublier ces derniers temps. A croire qu'elles se faisaient un malin plaisir à resurgir au plus mauvais moment pour me torturer... Franchement, comme si j'en avais besoin.

Je ralentis finalement ma course jusqu'à m'immobiliser, ayant suivis les lignes du tramway, j'arrivais directement devant mon futur lieu de restauration. Un des deux hôpitaux de Caen. Je l'avais déjà visité à de nombreuses reprises, cela allait être une partie de plaisir de m'infiltrer à l'intérieur. Je restais à l'extérieur, me fondant dans la moindre ombre à ma porté, avant de repérer une bouche d'aération, ainsi qu'une fenêtre ouverte au troisième étage. Je ne mis que quelques secondes à me décider sur ma porte d'entrée. Je fis sauter la protection d'un simple coup d'épaule, ayant remarqué qu'elle semblait simplement posée, à mon grand étonnement. J'avais souvenir qu'ils l'avaient réparés depuis la dernière fois que je l'avais forcé. Enfin, je n'allais pas m'en plaindre, puisque je pouvais pénétrer dans l'hôpital sans craindre de faire trop de bruit.

Ma maigreur m'aida à me glisser sans mal dans le conduit, et je remarquais au passage qu'une légère odeur planait à l'intérieur... Une odeur assez florale, qui me rappelait un arbre, au printemps. C'était assez délicat mais extrêmement plaisant à la fois, si bien que je me remis à remplir mes poumons d'air, profitant encore un peu de l'odeur. Je fini tout de même par couper ma respiration, puisque je n'étais pas venu ici en touriste, mais pour me nourrir. J'atterris finalement dans une pièce sombre et humide, où des machines tournaient sans répit, faisant un bruit très peu agréable pour mes tympans plus fins que la moyenne. Je n'avais jamais vraiment cherché à savoir quelle était cette pièce, puisqu'elle me mettait franchement mal à l'aise. Je replaçais la grille d'aération derrière moi... Pour me rendre compte que je n'avais pas eu besoin de la déloger pour pénétrer dans les lieux... Soit quelqu'un était passé par ici avant moi, soit elle avait choisie de se décrocher toute seule, tout comme la première que j'avais déplacé... Et la première solution me semblait plus probable. Je jetais aussitôt plusieurs regards affolés autour de moi, craignant qu'on ne me remarque, ou que je tombe nez à nez avec je ne savais trop quoi. Si jamais on me surprenait ici... J'aurai intérêt à m'enfuir le plus rapidement possible, et à me cacher dans un coin pendant un bon bout de temps.

Voyant qu'il n'y avait personne, et que je commençais à devenir franchement paranoïaque, je choisis de continuer mon escapade avant d'être trop anxieux et de rebrousser chemin. Plus j'y pensais, plus ma faim se faisait violente, plus je sentais mon corps bouillonner, mes muscles se tendre, entravant mes mouvements, et ma gorge me brûler. La sensation de manque n'était vraiment pas plaisante. En ouvrant la porte du local, qui elle non plus, n'était pas verrouillée, je me rendis compte qu'effectivement, je ne pouvais pas être le premier à passer par ici ce soir, et secondement, la légère odeur florale que j'avais remarqué plus tôt était toujours aussi présente, voir un peu plus. Il fallait que je m'attende à croiser un invité surprise à chaque couloir... De quoi me détendre un peu plus, en somme... Parfois, je me disais que la malchance devait vraiment me poursuivre.

Je me dirigeais rapidement au travers de l'hôpital, faisant preuve d'une adresse et de réflexes peu communs pour me camoufler au passage de quelques infirmiers, avant de reprendre ma course. Je ne me fiais plus qu'à mon instinct, mon odorat étant trop agressé par les différentes odeurs de désinfectant régnantes ici. Je gravis plusieurs étages, et en choisis un totalement au hasard pour aller me nourrir. Je n'avais qu'à espérer qu'il y aurait une poche de sang quelque part...

Un mouvement attira mon attention, mais je réagis trop tardivement pour me camoufler... Trop absorbé par mes pensées, j'avais fait plus attention aux sons, et pas assez à mon instinct. Mais pourquoi n'avais-je rien entendu ? Une ombre s'approcha furtivement de moi, mais au lieu de tomber nez à nez avec une infirmière... Je fis face à un chat. C'était un adulte, vu sa taille, son pelage était d'un noir profond, et ses yeux semblaient étinceler d'une lueur verdâtre et vive. L'animal se stoppa aussitôt en m'apercevant, laissant tomber ce qu'il tenait dans sa gueule. Ses oreilles se couchèrent sur son crâne, et un feulement grave jaillit de sa gorge, tandis que ses poils se dressaient sur son corps. Je l'avais effrayé ? Je jetais un rapide coup d'½il à son butin, constatant avec stupeur que l'animal avait déniché une poche pleine de sang. Je me demandais déjà comment il avait bien pu pénétrer ici ... Et maintenant, bien que, au fond, je redoutais la réponse, je me questionnais sur le pourquoi de son larcin ... Depuis quand les chats se nourrissaient-ils de sang ?

Une angoisse sourde s'empara de moi, tandis que je revoyais, comme dans un flash, cette lueur ambrée, et ce sourire effrayant... Mon corps fut prit d'un violent frisson, et je me rattrapais de justesse au mur, m'évitant de peu une chute inutile. Une boule se forma dans ma gorge, et je luttais contre moi-même pour ne pas vomir. Des larmes brouillèrent ma vue, et les souvenirs revinrent m'affliger en masse, comme une vague trop haute, qui me submergeait. Je repensais aussitôt à Lui. Aux dernières paroles que nous nous étions échangés, a ces projets d'avenir que nous avions fait, à Son sourire, à Sa voix, à nos baisers échangés... Et cette... Chose, cet homme qui l'avait massacré, devant mes yeux. Je n'avais rien pu faire. Il m'avait pourtant hurlé de fuir, mais mon corps n'avait pas daigné répondre. J'avais pourtant fini par réagir... Peut être par instinct, ou peut être que le son éc½urant de la chair déchiquetée m'avait sortis brutalement de ma torpeur. Tout c'était déroulé extrêmement vite... Je m'étais retrouvé plaquer à un mur, et à peine avais-je eu le temps de me demander ce que cet inconnu avait fait, et comptait me faire, que j'avais sentis deux pointes brûlantes s'enfoncer dans la chair de mon cou. J'avais ensuite sombré dans un trou noir, pour me réveiller seul, quelques heures plus tard, le corps en flammes. C'était un miracle que personne ne m'ait aperçu...

- Moon, tu vas bien ?

Je sortis vivement de ma torpeur, apercevant en même temps un jeune homme aux cheveux blonds décolorés arriver rapidement. Trop rapidement pour être humain, d'ailleurs. Le chat se recula rapidement jusqu'à lui en miaulant, et le blond me fixa d'un air à la fois interrogateur et hostile. Ses yeux bridés avaient la couleur de deux émeraudes, ses cheveux blonds décolorés et effilés lui effleuraient les épaules, et étaient hérissés de piques, une mèche masquant partiellement la partie gauche de son visage assez androgyne, d'autres balayant son front. Je devinais également une musculature légèrement travaillée sous ses vêtements. Il devait cependant faire une tête de moins que moi, mais il dégageait malgré tout une sensation désagréable. Comme s'il avait pu me tuer en un simple battement de cil. Comme si ma vie entière dépendait de son bon vouloir. J'avais ressentis exactement la même sensation, quelques mois plus tôt ... Mais pourquoi ne m'enfuyais-je pas ?

Même en me concentrant sur mes jambes, elles me semblaient affreusement lourdes, et ne semblaient plus vouloir m'obéir. Un sifflement désagréable remplit ma tête, et une angoisse sourde me saisit à la gorge. Cela allait recommencer. Je voulu prévenir l'inconnu de s'enfuir, mais un grondement grave et menaçant jaillit plutôt de ma gorge, ce qui mit aussitôt l'autre sur ses gardes.

-Du calme, je ne savais pas qu'un autre chassait ici, ce soir ...

Il marqua une pause, durant laquelle il me fixa d'un air interrogateur. Je ne lui voulais aucun mal, il ne m'avait rien fait, alors pourquoi est-ce que mon foutu corps réagissait ainsi ?!? Le sifflement enfla, et j'entendis de plus en plus distinctement, des voix murmurer dans ma tête. Enfin, une seule voix, qui répétait inlassablement les mêmes paroles remplis de venin, qui faisait grandir en moi une peur sourde et profonde.

- Tue-le ... Tue-le ... Détruis-le ...
- Non ...

Je sentis mes genoux heurter le sol, et je me pris la tête dans les mains en lâchant un gémissement. La voix, grave, autoritaire et supérieure, ne faisait qu'enfler. J'en venais à prier que mon crâne explose, et que tout soit enfin terminé ... Que tout s'arrête.

- Tue ce vampire.
- Non, laissez-moi ...
- Détruis-le, tue-le, répéta-t-elle.
- Laissez-moi !

Je sentais à peine mes larmes dévaler mes joues. Mon sang semblait s'enflammer dans mes veines, pareil à un brasier, et mon corps ne me répondait plus. J'étais incapable d'esquisser le moindre mouvement, mes membres ne semblant en faire qu'à leur tête. Je sentis mes canines me tirailler, mes muscles se tendre, mon corps se cambrer, prêt à sauter sur une proie qui n'en était pas une. Et tout cela, sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit. Le chat poussa un feulement grave en se reculant doucement, allant se placer derrière le décoloré, qui semblait plus que jamais prêt à riposter. Il y eut quelques infimes secondes de flottement, durant lesquelles nos regards s'accrochèrent, avant que je ne me jette sur l'inconnu à une vitesse fulgurante. Je percutais violemment son corps, agrippant sa gorge en écrasant sa tête au sol, dévoilant mes canines dans un feulement, avec la ferme intention de déchiqueter sa gorge. Cependant, l'asiatique possédait de très bons réflexes, aussi me retrouvais-je allongé au sol, mes poignets maintenus au dessus de ma tête, et l'autre garçon sur moi.

- Mais ça va pas ?!? T'as vu le bordel que tu fais, on est entouré d'humain, pauvre malade ! Tu veux quoi, qu'on se fasse traquer à mort ? Me lança-il le plus bas possible.

Je fermais douloureusement les yeux, le sifflement disparaissant peu à peu, tandis que je retrouvais le contrôle de mon corps. Cette crise avait été une des plus violentes de ma vie, mais au moins elle n'avait pas été la plus longue. Je devais également prendre en compte que l'autre adolescent était extrêmement rapide et agile, enfin bien plus que moi, ce qui m'avait évité de le blesser, voir pire. Il était bien plus fort, c'était indéniable ... Il ne pouvait décidément pas être humain, il était trop rapide, trop fort, et trop adroit.

- Tu es ... Commençais-je, hésitant.
- Oui. Je suis un vampire, comme toi. Et c'est pas une raison pour me sauter dessus !
- Je ne t'ai pas « sauté dessus » pour ce que tu es !
- Alors t'attaques les honnêtes citoyens sans raison ? Ironisa-t-il.
- Si tu étais aussi honnête que tu le prétends, tu ne traînerais pas dans un hôpital en pleine nuit, répondis-je sur le même ton.
- Je te retourne le compliment.

Un silence pesant s'installa entre lui et moi, durant lequel nous nous fixâmes mutuellement sans rien dire. Ses yeux, d'un vert intense, semblaient scintiller comme des étoiles, comme si une douce lumière en jaillissait. C'était à la fois magnifique et effrayant, lui donnant un air aussi enfantin que sauvage. Je remarquais que lui aussi me fixait, mais son regard restait bloqué sur mon cou. Je vis son visage passer de l'étonnement à une expression bien plus sombre, tandis qu'un faible feulement sortait sa gorge. Je tentais de le repousser, ne sachant pas vraiment ce qu'il lui prenait, ou même ce qu'il comptait faire, mais il bloquait solidement mes poignets. Je poussais un grondement, plus en guise d'avertissement qu'en guise de menace, mais cela ne le fit pas lâcher prise pour autant. Je savais pertinemment ce qu'il y avait dans mon cou, à quel emplacement précis cela se trouvait, quelle taille cela avait ... Et j'avais bien compris qu'il l'avait vu.

- Cette marque ... Comment ... Qui te l'a faite ?
- Lâche-moi, ordonnais-je d'un ton glacial, mais également apeuré.

Cela me surprit, mais il obéit docilement, se relevant avec la grâce d'un félin, tout en s'éloignant de moi. Le chat noir revint en courant, lui qui avait disparut un peu plus tôt, et se frotta contre les jambes de son maître en ronronnant légèrement, sans me quitter des yeux. J'avais la sensation très étrange qu'il m'en voulait, mais je ne saisis pas pourquoi. Et après tout, un chat ne pouvait pas éprouver des sentiments aussi ... Humains ? Je me relevais rapidement, tandis que l'asiatique restait prudemment en retrait, visiblement sur ses gardes.

- Qui t'as fait cette marque ?
- Personne.
- Tu t'es gravé une fleur de lys dans le cou, toi-même ?
- En quoi ça te regarde ?

L'atmosphère était effroyablement pesante, et nous manquions tous deux d'exploser à n'importe quel instant. Je ne supportais pas qu'on fasse allusion à ce que j'avais sur ma peau. Cette marque était la pire des souillures pour moi. La preuve incrustée dans ma chair que je ne serais plus jamais humain, et que tout ce qui s'était passé cette nuit là était vrai. Des bruits étouffés et des voix lointaines nous sortirent de notre torpeur, et nous tournâmes mutuellement la tête vers la source de ce raffut. J'entendais distinctement des femmes et des hommes se prévenir qu'ils avaient entendus du bruit dans des couloirs. Apparemment, nous n'avions pas été assez discrets ...

Le décoloré pesta à voix basse, tandis que le chat noir tournait autour de lui, les poils hérissés, les oreilles couchées sur son crâne. L'humain s'agenouilla devant son compagnon, lui caressant doucement la tête, un léger sourire aux lèvres, puis le chat partit comme une fusée vers les infirmiers, qui s'approchaient toujours plus. Il se redressa souplement en me dévisageant longuement, ce qui me gêna au plus haut point. Je ne savais pas s'il se rendait compte du regard qu'il avait, toujours est-il que ses yeux semblaient voir au plus profond de mon être, ce qui ne m'aidait pas vraiment à me sentir à l'aise.

- Bon, si on mettait nos différents de côté, pour le moment ? Parce que si on bouge pas, on va se faire repérer, et comme tu pourrais très bien faire un autoportrait détaillé de ...
- D'accord, on y va, le coupais-je.

Il me regarda pendant quelques instants, un sourire surpris et amusé aux lèvres, puis passa rapidement devant moi en m'intimant de le suivre, ce que je fis avec hésitation. Moins d'une minute avant, nous étions à la limite de nous entretuer, et là, il m'aidait à sortir discrètement d'ici, tout naturellement, comme si nous étions des amis. Je devais avouer que, là, je n'arrivais vraiment pas à le cerner. Soit il était suicidaire, car même si j'avais repris le contrôle de mon corps, j'aurai très bien pu tenter de le tuer, soit il avait une confiance aveugle en ces capacités ... Soit il savait qu'il pouvait me tuer en un battement de cil. Et cette dernière solution me semblait être la plus plausible.

Nous redescendîmes discrètement les étages que nous avions montés, essayant de nous montrer le plus discret possible, mais des voix étouffées nous forcèrent à accélérer. Nous étions en très mauvaise position, et nous finîmes par nous mettre à courir, notre vitesse dépassant largement celle des humains nous permis de rejoindre les grilles d'aération en quelques minutes. Cette petite course me confirma que le décoloré était comme moi. Je ne savais pas si cela devait me réconforter ou m'effrayer, mais je choisis de lui accorder un minimum de ma confiance. S'il avait tenu à me tuer, il l'aurait déjà fait. Il me laissa passer devant, et je me glissais souplement dans le conduit, m'aidant de mes coudes pour remonter, rampant pour sortir de ce boyaux d'acier glacial. Un grincement métallique m'informa qu'il avait replacé les grilles, et le bruissement léger du tissus me prévint qu'il était derrière moi, ce qui me fit accélérer. Je n'avais certainement pas assez confiance en lui, pour prendre le risque de me faire assassiner dans un conduit d'aération. Bon, j'étais un peu paranoïaque sur les bords, mais cela n'était plus à démontrer.

Je fini par rejoindre l'extérieur, délogeant la dernière barrière avant de me retrouver à l'extérieur. Des ombres s'animaient derrière les fenêtres de l'hôpital, et je devinais qu'ils cherchaient les deux trouble-fête, qui s'étaient introduits dans leur service. L'asiatique blond fini par jaillir à son tour de ce morceau de ténèbres, et il cueillit dans ses bras le chat noir qui l'accompagnait, lui caressant la tête d'un air ravi. Un leger coup de langue de la part du félin, et l'animal put enfin quitter les bras de son maître, s'éloignant en sautillant avant de se retourner, et de pousser un long miaulement impatient. Le décoloré commença alors à s'éloigner, rejoignant l'animal, avant de se retourner dans ma direction.

- Au fait, tu ne m'as toujours pas remercié.
- Et ... Pourquoi je te remercierai ?
- D'une, pour cet après-midi, je te donne quand même une micro partie de mon salaire ! Et je viens de te sauver la mise, expliqua-t-il d'un air indifférent.
- C'était toi ? répondis-je, surpris.
- En effet. Je sais, ma bonté me perdra ... ironisa le décoloré.
- ... Merci, finis-je par murmurer.

Il me sourit de manière sincère, dévoilant ses canines blanches et aiguisées, avant de se retourner et de disparaître dans l'ombre. Je ne perdis pas de temps pour également m'éloigner, car cet endroit n'était vraiment pas fréquentable, de jour comme de nuit. Je repris rapidement ma route, encore étonné par cette rencontre, mais frustré de n'avoir rien trouvé à me mettre sous les canines. J'allais devoir m'occuper du second centre hospitalier de la ville, si je ne voulais pas me retrouver avec un inconnu vidé de son sang dans les bras.




© Aline A.
 
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#Posté le samedi 17 avril 2010 03:53

Modifié le mardi 21 juin 2011 12:10

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