Bienvenue / Sommaire.

Bienvenue / Sommaire.
Bienvenue à vous, chers inconnus... Ou peut être nous connaissons-nous? Qu'importe, je ne suis pas ici pour vous parler de moi!

Vous voici sur mon blog, sur lequel je poste l'histoire que j'écris depuis le début de l'année scolaire 2008/2009. Parlons en un peu de cette histoire justement:

Comment est né ce projet?

Et bieeeeen... L'idée des Chroniques Nocturnes m'est venue pendant une de mes heures libres au lycée. Je m'étais assise dans un coin du batiment N (les sieges jaunes pour ceux qui sont à Rostand) et j'avais sortie une feuille pour griffoner un ou deux dessins moches... Peut de temps après, un couple est venu s'assoir non loin de moi, et je les ai regardé quelques secondes en me disant qu'ils étaient mignons et que je faisais tache toute seule dans mon coin... Ensuite, j'ai eu une pensée stupide: Je me demande ce que ferait un vampire dans un lycée... Et la, pof le déclic! Et si j'écrivais une petite fiction avec des vampires? J'avoue qu'au début je voulais prendre des membres de The GazettE, mais j'ai vite laissé tomber... Le projet est doucement venu s'inscrire sur la feuille... Le début du chapitre 1 était là!

J'ai ensuite laissé cette feuille dans mon cartable pendant trois ou quatre mois... Avant qu'on parle de sujet d'invention en Francais... Et là: Mais au fait, j'ai commencé une fiction moi... Et si je la reprenais? C'est ce que j'ai fait. Je n'avais aucune idée du projet, de ce que j'allais faire, mais j'écrivais pour mon plaisir et cela me suffisais. Papate a été le premier à la lire, me dire ce qui n'allait pas, me corriger mes fautes (XD) et ensuite ce fut Keiko qui découvrit mes quelques chapitres... Et elle me dit: Tu devrais mettre tout ça sur un blog! C'est super en plus! Aussitôt dit, aussitôt fait, le soir même, nekostory fut créé...

Les chapitres s'enchainèrent aux heures libres, avant de venir même en cours! Francais et SES étaient les deux matières ou j'écrivais toujours... La premiere parce que je n'ai pas besoin d'écouter pour avoir une bonne moyenne et la seconde parce que je la déteste et que ce n'était qu'une option XD.

Je dois avouer que même aujourd'hui je m'étonne de ne pas avoir laissé tomber, ce projet me tient vraiment à coeur. Je les aime mes deux vampires! Et puis j'ai tous mes amis derrière qui m'encouragent à continuer, je ne peux pas les décevoir! Et vu le nombre de chapitres à mon actif, hors de question d'abandonner maintenant.


Les personnages:

June fut le premier à avoir été immaginé. Dès le départ je voulais un asiatique blond aux yeux verts... Le truc impossible mais c'est pas grave! Le chanteur Ruki de The GazettE m'a énormément inspiré pour lui d'ailleurs.

Abel vint en second, normal... *ironie* Au début, je n'avais qu'une très vague idée de ce que je voulais... Et même pour moi, alors que June était déja bien encré dans mon esprit, Abel était encore flou... Aujourd'hui je vois très bien mes deux chouchous, ce qui n'est pas un mal d'ailleurs!

Pourquoi des vampires et avoir changer le mythe?

Tout simplement parce que j'ai toujours adoré les vampires.
Pour le mythe... Beaucoup me dise que c'est bizarre d'avoir prit l'eau, mais j'en avais marre de ce portrait des vampires sencibles à la lumière...

Si vous avez des questions, posez les!



Sommaire:

Page 1:
Bienvenue / Sommaire - Chapitre 1 (réécrit) - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4
Page 2:
Chapitre 5 - Chapitre 6 - Chapitre 7 - Chapitre 8 - Poème Moon Child
Page 3:
Chapitre 9 - Chapitre 10 - Chapitre 11 -Playlist - Chapitre 12
Page 4:
Chapitre 13 - Chapitre 14 - Chapitre 15 - Bonne vacances à tous! - Espace pub (Anoyo)
Page 5:
Chapitre 16 - Chapitre 17 - Chapitre 18 - Chapitre 19 - Chapitre 20
Page 6:
Chapitre 21 - Chapitre 22 - Cadeaux pour les Chroniques Nocturnes! -



Mon autre blog


La réécriture du premier chapitre avance bien, mais je dois me battre pour le terminer et remettre toutes les petites idées que j'avais placée dans le premier... Boulot boulot mes chers!

# Posté le dimanche 28 juin 2009 13:05

Modifié le mardi 01 décembre 2009 14:41

Chroniques nocturnes: Chapitre 1 -Un nouveau départ- (réécrit)

Chroniques nocturnes: Chapitre 1 -Un nouveau départ- (réécrit)
Je hais la foule, c'est officiel. Je n'ai jamais aimé sortir, surtout pour me retrouver au contact d'individus sous évolués ou d'une foule dence et étouffante... J'ai toujours préféré la tranquillité et la quiétude d'un lieu désert, Ses bras pour seule compagnie. Mais voila, tout à une fin, et la mienne a été bien plus brutale que prévue.

Les portes du tramway s'ouvrirent dans un sifflement grave mais stridant, me vrillant les tympans bien que j'étais sur le trottoir, à environ trois mètres de l'engin qui vomissait son contenu de nouveaux, de redoublants, d'habitués... Bref, de lycéens. Combien d'entre eux seraient avec moi, je n'en avais aucune idée, et à vrai dire je n'en avait que faire. Mais est ce que, parmi tous ces étudiants, l'un d'entre eux était comme moi, un monstre? Ou serais-je le seul à ne jamais pouvoir apprécier la saveur des aliments sans ressentir un malaise profond en me rappellant ce qui m'étais arrivé?

En m'approchant de la grille, là ou étaient rassemblés une bonne partie de fumeurs, je baissais rapidement mes yeux bleus azurs, laissant quelques mèches noires retomber devant mes yeux, les cachant partiellement. Je n'aimais pas attirer l'attention, et pourtant vue ma tenue vestimentaire, je ne pouvais pas passer inaperçu... Les éternels commentaires fusèrent: Satan, le gothique, le suicidaire... Quoi de plus habituel après tout, la différence a toujours été mal vue dans ce monde, que ce soit par rapport à la couleur de la peau, à la langue, à la nationalité, au style vestimentaire... Comme dit le proverbe, on est toujours l'idiot de quelqu'un. Heureusement que je n'étais pas spécialement grand, à peine 1 mètre 75, ce qui, parfois, m'aidait à passer innaperçu.

Je préssais le pas, dépassant les adolescents en coup de vent, leur rire raisonnant encore à mes oreilles lorsque je m'engouffrais dans le batiment principal. Je ne connaissais pas vraiment ce lycée, mais je n'avais pas eu l'envie ou même le courage de retourner dans celui qui m'avait acceuillit il y a un an de cela. Trop de bons souvenirs m'auraient achevés, et j'aurais été bien incapable de tenir ma promesse. Dire qu'aucun de nous deux ne pensait avoir à l'honorer un jour... Je m'orientais avec un peu de difficultées, trouvant finalement les dizaines de fiches collées contre les murs, des élèves de premières et de terminales tassés devant elles, cherchant leur nom. Je restais à l'écart pendant de longues minutes, à l'ombre d'un pillier blanc, mais voyant que la masse ne faisait qu'augmenter, j'allais me meler aux autres élèves. Les différentes odeurs m'assaillirent, mais celle du sang fut la plus présente, réveillant la brulure de ma gorge. J'effleurais mon cou par réflexe, y sentant les marques habituelles, et recherchais rapidement ma classe, que je repérais rapidement. Il n'y avait que deux classes pour la fillière Littéraire, je ne mis pas bien longtemps pour trouver mon nom, mais j'en mis un peu plus pour trouver la salle devant laquelle nous devions rencontrer notre professeur principale... Pour ne pas dire que je m'étais totalement perdu dans le lycée.

La sonnerie retentie lorsque je me rendis compte que non seulement je n'étais pas au bon étage, mais je n'étais pas non plus dans le bon batiment... J'étais en retard dès mon premier jour de cours, ce qui n'était franchement pas le mieux pour passer innaperçu. Je rebroussais chemin, ne me rendant compte que maintenant qu'il y avait des panneaux indiquant les différents batiments. J'arrivais dans le hall principal du lycée, et alors que je cherchais le bon batiment, un garçon vint se planter à mes côtés.

"- Heu... Excuses moi, tu sais pas où est la salle N103?"

Je me retournais dans sa direction et fus surpris de voir un jeune asiatique aux cheveux blonds décolorés mis long, hérissés de piques. Je devait faire une tête de plus que lui, mais son haut sans manche laissait voir des bras pâles et finement musclés, bien plus que moi en tout cas. Ses yeux, et ce fut ce qui me choqua le plus, semblaient scintiller et étaient d'une magnifique couleur émeraude, légèrement soulignés de noir, ce qui était anormal pour un asiatique, peut être des lentilles? Je m'attardais quelques secondes sur sa tenue, son haut sans manche étant décoré de chaînes et un pantalon large ouvert aux genoux, les ouvertures retenues par des sangles, le tout de couleur noir. Je l'aurais facilement prit pour une fille si je ne l'avais pas entendu parler, son visage était fin et délicat. Me rendant compte que mon comportement n'était pas vraiment poli, je relevais rapidement la tête dans sa direction, et sa ressemblance avec Lui me frappa. Ils avaient des traits aussi fins, le même regard pétillant et un sourire plein de gaieté aux lèvres... Des souvenirs douloureux remontèrent, et je me mordis la lèvre pour ne pas craquer. Pas maintenant, ce n'était ni l'endroit ni le moment. Prenant une profonde inspiration, je plantais mon regard dans le sien.

"- Je la cherche aussi à vrai dire.
- Tu es aussi en première L?
- Oui.
- Cool, je serais pas en retard tout seul! On la cherche ensemble?
- Daccord."

Ma voix avait perdu la moindre trace d'assurance, et mes phrases étaient vraiment courte, mais mon vis à vis n'en tint pas compte, m'entrainant à sa suite dans les couloirs, passant devant une série de portes en coups de vent. Je le suivais de pret, et il me sembla même que son sac remua à un moment, mais mon imagination devait me jouer des tours... Il s'arreta soudainement, et je le rejoignis, puis nous entrâmes après avoir frappés. Une trentaine de regards se posèrent directement sur nous, et je me sentis extrèmement mal à l'aise. L'envie de faire volte face me tenta, mais le garçon décoloré prit la parole, et son timbre grave et assuré m'empécha de repartir.

"- Excusez nous, on s'est perdu.
- Vous devez donc être messieurs...?
- June Kiyoi pour ma part.
- Et donc voici Abel Zacht?"

J'aquiessais d'un signe de tête, mal à l'aise d'être ainsi au centre de l'attention, mais le professeur nous envoya rapidement nous assoir, et nous nous retrouvâmes assis côte à côte, n'ayant plus de places ailleurs. Notre professeur principal se trouvait être celui de francais, bien qu'il ait plus la carrure d'un rugbyman que d'un phylosophe...

Mon voisin sursauta soudainement sur sa chaise, et avec mes sens plus développés que la moyenne je manquais de sursauter à mon tour. Il enfonca rapidement quelque chose dans son sac en gromelant quelque chose, et ramena rapidement sa main contre lui. Je pus cependant apperçevoir une trace de morsure sur sa main, et il me sembla soudainement beaucoup moins sympathique... Sur quel genre d'adolescent j'étais tombé au juste? Et qu'est ce qu'il cachait dans son sac? Je ne préférais pas m'attarder sur la question, me concentrant plutôt sur les informations plus ou moins interessantes que le professeur pouvait nous donner. La sonnerie arriva finalement, et June ma salua que chacun ne rentre chez soit. J'arrivais en bas de l'immeuble, et regagnais rapidement les étages, prenant garde à ce que personne ne me voit. Je ne savais toujours pas comment j'avais fait pour continuer de vivre ainsi, caché perpetuellement des autres locataires... Enfin, maintenant il n'y avait plus personne, certains pensaient que l'endroit était hanté à cause des pleurs qui raisonnaient plusieurs fois par semaines ou par mois... Ils n'avaient pas totalement tord, l'endroit était bien hanté, mais pas par un fantome...

A peine rentré, j'allais aussitôt ouvrir le réfrigérateur pour prendre une poche de sang. Ma gorge s'enflamma soudainement tendis que mon ventre se noua. Je me détestais d'avance pour ce que j'allais faire, mais je n'avais pas le choix. Si ma gorge m'avait brulé au lycée, c'était généralement signe que j'étais affamé et que je ne pourrais pas me retenir longtemps. Autant que cela se passe dans mon appartement, plutôt que je massacre un lycéen innocent... D'autant plus que je pourrais m'attirer des ennuis importants si quelqu'un venait à découvrir ce que j'étais. Mes canines se dévoilèrent, légèrement plus longues et fines que la moyenne, et je trouais le plastique avant de laisser le liquide couler dans ma gorge. Le gout sucré du sang m'arracha un haut-le-coeur, et je me forcais à respirer calmement, bien que je n'en ai plus besoin, avant de recommencer à me nourrir. La brulure de ma gorge diminua petit à petit, jusqu'à disparaitre totalement, redevenant un souvenir.

La soirée passa tranquillement, et je me questionnais sur mon éventuel avenir dans ce monde... Tout en essayant de trouver la moindre source de chaleur réconfortante. Mais non, j'étais seul. J'étouffais un sanglot, avant de me rouler en boule sous les draps, attendant qu'un sommeil réparateur ne m'emporte...

Je me réveillais vers sept heures, le réveil de mon portable m'arrachant des bras de Morphée. Sans perdre de temps, j'allais prendre une douche glacée pour me réveiller et détendre mes muscles crispés, profitant pendant de longues minutes du contact de l'eau froide retracant chaque parcelle de mon corps d'une paleur et d'une maigreur effrayante. Je sortis rapidement et allais m'envelopper d'une serviette tiède, me séchant et m'habillant rapidement, avant de sortir sans un bruit de chez moi. Sur le trajet, je me posais la question des manuels scolaires. J'avais déja dû retirer tout l'argent possible de mon compte bancaire, et je commencais à avoir du mal à vivre convenablement... Un travail risquait de devenir prochainement obligatoire si je voulais pouvoir continuer à acheter ce qu'il me fallait pour mon hygiène personnelle, et pour assurer mes cours.

J'arrivais rapidement au lycée, et je fus surpris de voir June à l'entrée, supportant des sarcasmes que lui lançaient une bande de lycéens immatures. A mon approche, il leur décocha un regard à vous glacer le sang, et se retourna dans ma direction en me souriant. Il était bien moins effrayant avec un sourire... Il avait moins l'air d'un tueur. Il me salua gaiement, puis nous nous dirigeâmes ensemble vers notre salle de cours.

La première semaine passa tranquillement, June était quelqu'un de très spontanné, qui disait toujours ce qu'il pensait, même si parfois il ferait mieux de s'abstenir... Il pouvait paraître envahissant, mais je me rendais compte qu'il savait souvent quoi dire lorsque je me replongeais trop dans mes pensées, m'en sortant sans trop me brusquer. Il ne posait jamais la moindre question sur ma vie privée, mais je captais certaines fois les regards inquiets qu'il me lançait... Et je devais avouer qu'il m'intriguait énormément également.

Il buvait toujours quelque chose dans une briquette noire, et la seule fois ou je lui avait demandé ce que c'était, son regard était devenu vide et il m'avait répondu avec un haussement d'épaule, je n'avais pas cherché à en savoir plus depuis. Il était un adolescent mistérieux... Et ce mistère m'intriguais. Pour une fois que quelque chose retenait mon attention. Mais il n'y avait pas que cela. Il faisait preuve d'une agilité et d'une rapidité impréssionnante, surtout en sport, ou il se faisait respecter, voir craindre, sans trop de diffiultées. Soit il était un grand sportif, soit il était étrange jusqu'au bout.

Tout aurait pu continuer ainsi, mon retour à la vie normale aurait pu se faire dans de très bonnes conditions, si je n'avais pas oublié un détail... Détail qui n'échappa pas au regard percant de l'asiatique. Nous passions désormais notre temps ensemble, trouvant la compagnie de l'autre agréable, calme ou réconforfante. Mais au bout de trois semaines de cours normaux et de vie humaine, j'avais perdu l'habitud de porter l'écharpe qui masquait habituellement mon cou, la trouvant innutile et génante puisque je ne ressentais plus vraiment le froid.

Lors d'une de nos pauses, June et moi nous étions retirés dans un endroit calme et peu visiter des élèves pour nous détendre, tout deux plongés dans un silence totale et relaxant. June avait les yeux rivés vers le ciel, mais il fini par baisser les yeux dans ma direction, fixant quelque chose. Je le regardais quelque secondes, et remarquais qu'il avait l'air inquiet... Ou contrarié?

"- Qu'est ce qu'il y a?
- C'est quoi ces marques, dans ton cou?"

L'angoisse me prit à la gorge, et j'y portais aussitôt ma main, sentant deux petites cicatrices rondes sous mes doigts. Je baissais les yeux tendis que les larmes brouillèrent ma vue, des souvenirs douloureux revenant me hanter soudainement.

"- Ce n'est rien... Un animal quand j'étais enfant...
- Ho... Je vois..."

Il détourna ensuite les yeux puis se releva, prenant son sac de cours et me souhaitant une bonne fin de journée. Nous avions fini les cours depuis 14 heures, mais ni l'un ni l'autre n'avait envie de partir... Jusqu'à maintenant. Je pris également mon sac et, des larmes plein les yeux, je pris la direction de la sortie arrière du lycée, la moins fréquentée, et je fini par courir à en perdre haleine pour retourner chez moi, un poids immonde me détruisant la poitrine à chaques pas que je faisais, les larmes dévallant mes joues.

J'avais eus tord de penser qu'un retour à la vie normale était possible. Je resterais toujours un montre, quoi que je fasse. Rien ni personne ne pourra jamais changer cela.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 14:40

Modifié le mardi 01 décembre 2009 15:14

Chapitre 2 -Songes du passé-

Chapitre 2 -Songes du passé-
J'ouvris en tremblant la porte de mon appartement. Laissant mon sac à l'entrée, je ne pris même pas la peine de fermer derrière moi. Pour beaucoup... personne n'habitait ici, et c'était un endroit hanté. Je me laissais glisser contre un mur, ramenant mes genoux contre mon torse, et me laissais aller. Mes larmes retenues sur le trajet se mirent doucement à couler, comme des centaines de petites lames qui brûlaient ma peau. Je me mis à sangloter, serrant mes jambes jusqu'à sentir mes ongles égratignés ma peau. Je me fichais de la douleur... Je voulais juste me réveiller, ce n'était qu'un affreux cauchemar. Il ne pouvait pas être mort, Il devait m'attendre, quelque part. Jamais il ne m'aurais abandonné... Jamais. J'enfouis ma tête dans mes bras, des tremblements incontrôlables me secouant sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Cependant, je ne voulais même pas les arrêter. A quoi bon se retenir, alors qu'il n'y avait plus que cela à faire? Pleurer désespérément un mort, en sachant que jamais il ne reviendrait.

Je ne sais pas combien de temps je passais ainsi, contre ce mur autrefois blanc qui virait au gris, à pleurer autant que je le pouvais. Doucement, le sommeil me gagna, et je m'endormis dans cette position, plongeant dans un sommeil loin d'être réparateur.

"- Abel... Abel?
- Hum...
- J'adore ton air endormis!"

Un sourire se dessina sur mes lèvres. Ce parc était tellement reposant, tellement calme, que je devais lutter contre mes paupières traîtresses qui ne demandaient qu'à se fermer. Il se mit à rire devant mon manque de réaction, et ses bras resserrent leur étreinte autour de moi et je me blottis le plus possible contre lui, déposant un léger baiser dans son cou. Le soleil commençait à disparaître à l'horizon, laissant le ciel nous livrer un ballet de couleurs rouges et bleues. Je laissais un soupire m'échapper, et admirais la beauté de ce spectacle crépusculaire. Derrière moi, il poussa à son tour un soupire, comme pour faire écho au mien. Je lui jetais un coup d'½il interrogateur, et nos yeux restèrent un moment à s'observer mutuellement. J'aimais leur couleur, entre le bleu océan et le vert feuille. Il se pencha vers moi, et m'embrassa doucement. Nouant mes bras autour de son cou, j'approfondis notre échange, mais j'omis un détail: il n'avait rien pour maintenir son équilibre. Nous tombâmes tous les deux dans l'herbe fraîche, et il se mit à rire en m'ébouriffant les cheveux. Je passais habilement mes doigts dans les siens pour les remettre en place, laissant ses mèches brunes se balader entre les piques de ses cheveux châtains mi-longs. D'après lui, c'était un style japonais, pour moi, un style excentrique... Je plaçais une dernière mèche et restais un instant à le contempler.

"- Un jour tu arrêteras de baver en me regardant.
- Ca te déplais peut-être?
- Pas du tout!
- C'est bien ce que je me disais...
- T'aime fort.
- Moi aussi."

Il m'embrassa une nouvelle fois, ignorant les promeneurs autour de nous. Qu'importe leur avis, du moment que nous étions ensemble. Pensant apparemment à la même chose, il passa une main sous mon T-shirt pour me caresser le ventre. Je plaçais une main sur la sienne, interrompant notre baiser. Il releva la tête vers moi, interrogateur.

"- Tu me repousses beau brun?
- Au milieu d'un parc, et avec des passants, je dirais oui.
- Petit ami indigne...
- Certes."

Je ne mordais jamais à son jeu de provocation, cela lui aurait trop fait plaisir... Il se leva et prit ma main, prenant le temps de me regarder. J'attendis sagement qu'il me tire en avant pour le suivre, sachant qu'il pouvait y passer plusieurs minutes parfois. Nous sortîmes du parc, et marchâmes silencieusement dans les petites ruelles, jusqu'à ce qu'il ne bifurque dans un petit square baigné des derniers rayons solaires. Je reconnu immédiatement l'endroit, car c'était ici que nous nous étions rencontré, quatre ans plus tôt.

Je du courir pour le rattraper, lui étant déjà sur un petit pont en bois, suspendu au dessus d'un court d'eau limpide. Il se tourna vers moi, un sourire éblouissant aux lèvres. Il tenait quelque chose dans son dos... Quelque chose qu'il venait de sortir de son sac à dos apparemment.

"- Bon anniversaire n'amour!
- Quoi? Aujourd'hui?
- Bein oui sinon je n'aurais pas fait tout ça!"

Je me jetais à son cou et le bombardais de baisers sur les joues, ou le nez, mais il se mit à bouger dans tous les sens pour que je le lâche. Je lui rendis sa liberté quelques minutes après avoir profité de son odeur.

"- Vas-tu me laisser t'offrir ton cadeau?
- Ce n'était pas la peine!
- Bien sur que si enfin! On a pas 17 ans tous les jours. Aller ouvres et tais-toi!"

Joignant gestes et paroles, il me tendit un objet rectangulaire moyen, un papier noir et violet le décorant. Je le pris délicatement, et lui souris, avant de déchirer le papier sombre, dévoilant petit à petit une boite noire, avec une partie centrale transparente. Ainsi, je pouvais déjà admirer ce qu'il m'avait offert, et je restais interdit en admirant le contenu du paquet.

"- Wow...
- Content que ça te plaise."

Cela ne pouvait que me plaire. C'était d'une beauté inimaginable. Une dague en argent trônait dans la boite, la lame d'une vingtaine de centimètres était décorée de symboles tribales noirs, et dans le manche étaient incrustés trois rubis étincelants. Une chaîne s'enroulait tout autour du manche, et je devinait que c'était un collier à part, vu le pendentif représentant un dragon qui se balançait doucement. Je posais avec une prudence extrême mon présent sur la rambarde du pont, et allais me blottir dans ses bras grands ouverts. Il m'embrassa le front, et me tendit mon présent. Je le repris comme si il était la septième merveille du monde, puis main dans la main, nous reprîmes le chemin de notre appartement. Il avait eut 18 ans l'année passée, et nous nous étions rapidement mit d'accord pour habiter ensemble.

La nuit était déjà tombée, et le froid de l'hiver se fit plus présent. Un 16 octobre, il ne fallait pas espérer autre chose que du froid, du vent, et peut être même de la neige, même si cela faisait trois ans que personne n'avait vu l'ombre d'un flocon. Nous discutâmes un peu de tout et de rien sur le trajet, admirant quelques boutiques décorées pour la fête des mots, ou encore des maisons qui avaient revêtis l'orange et le noir. Sur le chemin, nous croisâmes un homme un peu étrange. Il était grand, mince, et d'une pâleur effrayante. Ses yeux avaient une étrange couleur jaune orangée, un peu comme ceux d'un fauve. Je resserrais mon étreinte sur la main rassurante qui me tenait, et nous accélérâmes le pas. Un silence pesant s'installa, et nous débouchâmes enfin dans une ruelle qui menait presque directement à notre demeure. J'aperçu une silhouette sombre se détacher des immeubles et des poubelles. Je le reconnu à cause de ses yeux sauvages, et il nous souris. Un sourire froid, meurtrier, comme ceux qu'on ne pense voir que dans les films ou les histoires d'horreur. En l'espace d'un battement de cil, il était devant nous, toujours souriant. Il nous dévisagea tous les deux, et mon amant se plaça un peu devant moi, comme pour me protéger.

"- Deux spécimens magnifiques..."

Sa voix était grave, avec des accents nobles cependant. Qui était-il? Aucun de nous deux ne semblait le connaître. J'allais lui demander ce qu'il voulait, mais je sentit deux dards s'enfoncer dans mon cou. Un hurlement retentit. Peut être le mien, je ne savais pas. Une effroyable douleur me paralysa tout le corps, et je m'écroulais sur le sol en gémissant. Ma vue se brouilla, et la dernière chose que j'aperçu fut la chose se jetant sur l'être auquel je tenais le plus au monde...

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 14:14

Modifié le jeudi 25 juin 2009 11:31

Chapitre 3 -Fureur-

Chapitre 3 -Fureur-
"- Kitai!"

Mon propre cri me réveilla, tremblant de tout mes membres, les larmes dévalant mes joues. Je me mis instinctivement en boule contre le sol, les images du cauchemar me revenant toujours en mémoire. Je du me lever pour espérer atteindre un lavabo, et renvoyais le peu de sang que j'avais pu absorber quelques jours plus tôt. Je me laissais tomber au sol, replié sur moi-même dans une position f½tale, laissant mes yeux évacuer le trop plein de larmes. Ou était-il... Pourquoi ne venait-il pas me voir, me réconforter? Pourquoi il ne me disait pas que tout allait bien?

Le temps s'écoulait, lentement, péniblement, chaque secondes me faisant regretter de toujours vivre aujourd'hui. Au bout d'un moment, je sentis ma joue chauffer, et la lumière aveuglante du jour me brûla les yeux. Il ne devait pas être loin de midi... Je me fichais éperdument d'avoir raté une matinée de cours, je ne comptais pas y aller de la journée. Cette dernière ressembla à toute celles que j'avais passé il y avait de cela un an. Pendant quatre mois, ce n'était que larmes et sanglots, puis enfermement prolongé, sans jamais voir ne serait-ce que la lumière du jour. J'aurais tellement aimé mourir maintenant, m'éteindre, ne plus rien sentir, mais je n'avais pas le courage de me faire quoi que ce soit. Je ne l'avais jamais eu. L'après midi toucha bientôt à sa fin, et j'avais à peine bouger de la journée, me redressant simplement pour me lover contre le mur. Une nouvelle fois, je m'endormis à même le sol, n'ayant même plus la force ou l'envie de pleurer.

J'ouvris doucement les yeux, me sentant faible et vidé de toutes forces. Vu la journée de la veille, cela ne m'étonnais pas. Je me levais, décidé à retourner affronter la foule, et les cours. Je ne voulais pas replonger dans une dépression, pas alors que je tentais un retour à la normal. Mes affaires glissèrent au sol, et je me plaçais sous le jet d'eau glacial. Ce moment de répit m'aida à me remettre les idées en place. Ce n'était qu'un rêve, horriblement proche de la réalité, mais le fruit de mon subconscient. Je devais me concentrer sur autre chose, penser à des souvenirs plus heureux qu'aux morts, mais c'était loin d'être facile.

Je fini par sortir de la douche, et m'habillais rapidement. Je les laissais mes cheveux sécher à l'air libre, secouant la tête pour enlever les quelques mèches gênantes placé devant mes yeux. Je m'emparais de mon sac, le lançais sur mon dos, pris une profonde inspiration et sortis de mon refuge. Le trajet me sembla bien plus court que les autres jours... peut être parce que j'étais enfin motivé. A peine arrivé, j'aperçu June adossé à la barrière du lycée. Il avait l'air... déprimé, et je supposais que quelque chose de grave lui était arrivé. A peine me vit-il que son visage retrouva son sourire habituelle, et il vint en trottinant vers moi comme un chien vers son maître en me criant un 'bonjour' en japonais, du moins d'après mes maigres connaissances dans cette langue. Je ne dis rien, me contentant d'hocher la tête. Il s'arrêta net devant moi, puis me regarda un moment, silencieux, avant de me tendre les bras d'un air boudeur. Je n'avais aucune envie de me faire consoler... et je passais à coté de lui en soupirant. Il n'insista pas plus, et il me rejoignit en silence, enfonçant ses écouteurs dans ses oreilles. Il avait comprit le message. Je posais mon sac contre un mur et m'assis doucement dessus, ramenant ensuite mes genoux contre mon torse pour poser ma tête dessus. Je me sentais vide, lassé, et mort. En même temps j'étais mort...

Une bande d'adolescents passa devant moi, et je fermais les yeux. J'avais envie de m'endormir ici, pour éviter de trop repenser au rêve de la veille. Mission impossible. Je me remémorais quelques airs de musique, mais rien n'y faisait, il ne voulait vraiment pas que je l'oublis. Le bruit environnant fut bientôt perturbé par une voix plus forte que les autres.

"- Tu me provoques, tapette?"

Mes yeux se dirigèrent par habitude sur les perturbateurs de mon sommeil, et une sentiment de colère commença à s'emparer de moi. La bande de tout à l'heure s'était arrêté devant June. Je ne su pas spécialement pourquoi ils s'en prenaient à l'hystérique, mais lui semblait franchement amusé par la situation. Il adressa un sourire moqueur à un des garçons de la bande avant de répliquer, l'air détendu.
"- Absolument pas. J'ai pour principe de ne pas m'en prendre à plus faible que moi.
- Si j'étais toi je la fermerais...
- Pour ton plaisir peut-être?"

Celui qui provoquait June semblait apparemment être le leader, vu la façon dont les autres assistaient à la scène sans rien dire, leur visage figé, comme si ils attendaient sagement. Je le vis lever la bras, probablement pour prendre June par le col, ou le frapper, mais ma main s'empara de son poignet. June continuait de sourire, bien qu'il n'y ai rien de comique. Le garçon tenta de se dégager, mais je resserrais mon étreinte.

"- C'est courageux de s'en prendre à quelqu'un qui est seul.
- Tiens... ce ne serait pas son petit ami?"

Si il y avait bien un sujet qui me mettais hors de moi, c'était celui-la. Je ne supportais pas qu'on dise quoi que ce soit sur mes sentiments. L'homme se retrouva plaquer au mur en l'espace d'une seconde, ma main tenant sa gorge. Les autres reculèrent.

"- Je ne l'ai pas vu bouger!"

Ma vue se brouilla. L'odeur du sang m'envahit, tendis que je resserrais ma prise. J'allais le tuer. Je voulais le tuer, lui déchiqueter le cou, les bras, le lapider, le faire disparaître de ce monde. Une main se posa sur la mienne, et je braquais mon regard sur ma future cible. Ses yeux émeraude me lancèrent un regard suppliant.

"- C'est bon Abel, lâche-le."

Ma main retomba d'elle même, comme si elle obéissait sagement à June. Je me retournais, ne me préoccupant plus de l'adolescent tombé au sol. June partit en empreintant un escalier, et je le suivit docilement, sans trop réfléchir. Il se dirigea à l'extérieur, et je sentis le vent froid fouetter mon visage. Le ciel était couvert, et l'atmosphère lourde, laissant présager une averse. June continua de marcher rapidement, et il m'entraîna dans un coin isolé, derrière la cafétéria. Peu de personnes passaient par ici, élèves comme personnels. June se retourna ensuite vers moi, énervé.

"- Non mais t'es taré ou quoi?!?
- Tu me reproches de t'aider maintenant?
- Pas de m'aider, mais de manquer de tuer ce gars!
- Le... tuer?"

J'avais bien sentis l'odeur et le désir du sang, mais... jamais je n'aurais pu le tuer. J'étais capable de me contrôler. Non, en vérité, je souhaitais savoir me contrôler. Sinon... je ne savais pas ce que c'était, de réellement chasser un humain. Le seul sang que je buvais était un sang animal trouvé chez un boucher... Je relevais les yeux vers June, et croisais son regard. Ses yeux étaient étincelants, s'accordant parfaitement avec son visage pâle, et je jurerais qu'ils brillaient. La sonnerie retentit, et je le lâchais des yeux pour aller en cours. A peine avais-je esquissé un mouvement qu'il était assis devant moi, la tête reposant dans sa main. Il me regardait avec un air lassé, il semblait s'ennuyer maintenant.

"- Comment...
- On prend à 10 heures l'endormis.
- Comment tu as fait ça?
- Quoi 'ça'?
- Cette... vitesse?"

Il se mit à rire, dévoilant des canines longues et fines. Elles me faisaient penser à deux lames tranchantes et blanches. Je ne savais pas ce qu'il avait à sourire ou rire pour un rien, mais personnellement la situation m'inquiétait. Je le laissais rire, laissant tomber mon sac sur le sol et m'assis dessus. June fini enfin par se calmer, ou plutôt s'arrêta soudainement de rire, et il se pencha en avant, me lançant un regard intrigué. Il se mit à parler à voix basse, comme si il avait peur que quelqu'un nous entende. Qu'est ce qu'il voulait me dire...?

"- Sérieusement, on est entouré d'humains, alors évites le coup de la supervitesse...
- Mais qu'est ce que tu prétends à la fin ?!?
- Je sais ce que tu es... Bonne nouvelle, je suis comme toi !"

Je baissais immédiatement les yeux, la peur s'emparant de moi. C'était une blague? Il voulait me faire croire qu'il était aussi... ce genre de créature? Ou il me faisait tout simplement marché, croyant que j'étais un humain banal parmi tant d'autres. Une montée d'adrénaline, cela existait... Je réfléchis à la moindre excuse pouvant me sortir de ce pétrin. Pourquoi avais-je été assez stupide pour vouloir revivre comme un humain? Je ne pouvais plus être comme avant désormais ! June fini par agiter sa main devant mes yeux, et je m'efforçais de le regarder. Un grand sourire ornait ses lèvres. Il était ravi.

"- Toi et moi nous sommes des vampires ! Tu sais, les bestioles aux grandes dents ?"

# Posté le vendredi 23 janvier 2009 13:39

Modifié le lundi 14 septembre 2009 12:34

Chapitre 4 -Révélation-

Chapitre 4 -Révélation-
Tétanisé, c'était le seul mot pour me décrire. Je n'en revenais pas, comment un être aussi joyeux et excentrique pouvait être... mort ? Cela semblait tellement invraisemblable, limite irréel. En même temps, les vampires appartiennent au domaine du surnaturel, mais l'étonnement persistait. Jamais je n'aurais songé que June pouvait être le même genre de monstre que moi.

"- Abel... ici la Terre, réponds."

Je le regardais sans parler. Qu'aurais-je pu lui dire de toute manière ? Que j'étais heureux, ravi ? Absolument pas. J'étais un de ces monstres qui nous avaient séparés, et June en était un aussi. Je me levais, pris mon sac, le tout avec une lenteur effrayante. Je fixais une dernière fois June, qui s'était lever à son tour.

"- Tu es... un monstre."

Il ne répondit rien. Il se contenta de baisser la tête. De mon coté, je partis presque en courant à l'intérieur. La pluie s'abattit brusquement sur moi, comme les milliers de petites aiguilles qui venaient mourir sur le sol. Je comprenais mieux certains actes étranges de June. La briquette noire du premier jour, son habitude à toujours savoir ou j'étais, ce que les autres disaient sur lui ou moi, malgré la distance... J'étais stupide pour ne pas m'en être rendu compte plus tôt. C'était en soit assez étrange qu'il me dise ouvertement ce qu'il était, sachant que l'on venait à peine de se rencontrer. En poussant un soupire, je me mis à marcher sans but précis dans les couloirs, rencontrant de moins en moins d'élèves ou de professeurs sur mon passage. Je fini par lancer mon sac contre un mur et m'assis. J'eus une pensée pour mes affaires... elles me passeraient certainement pas l'année à ce rythme. Je fixais une des nombreuses lampes halogène du plafond, faisant petit à petit abstraction de ce qui pouvait m'entourer, tout en m'empêchant de dormir. Une désagréable sensation de mal-être m'envahis. C'était comme si mon corps essayait de me prévenir d'un quelconque danger, mais il n'y avait rien. Tournant la tête, j'aperçu au bout du couloir la bande de racailles de tout à l'heure. Un des membres prévint le leader, me désignant ensuite. Peu de temps après, je les entendis rire tendis qu'ils se rapprochaient de moi. Un goût amer me remplis la bouche, tendis qu'un sentiment de colère s'empara de moi. Sans trop me contrôler, je me penchais légèrement en avant, prêt à bondir sur mes envahisseurs. J'allais vraiment les tuer. Tous. J'en ressentais l'envie, et ne voulais rien faire contre. Je voulais leur briser un à un chacun de leurs os, me gaver de leur sang, et laisser leur carcasse pourrir au soleil. Au moment ou j'allais sauter, ou j'allais exécuter mes plans, ils bifurquèrent, prenant un des escaliers je j'avais empreinté pour venir ici. Pourquoi est-ce qu'ils partaient ? Pourquoi n'avaient-ils pas voulus m'attaquer, que je puisse les tuer ? Les tremblements de mon corps me sortirent de ma torpeur, et je sentis tous mes muscles tendus à l'extrême. Le sentiment de colère fini par disparaître, et je relâchais la pression. Jamais encore je n'avais autant eu envie de sang, mais une envie de meurtre aussi puissante... c'était la première fois que cela m'arrivais. C'était effrayant de ne pas savoir comment je pouvais réagir. J'attendis d'être sur, et de m'être complètement calmer pour voir ce que j'allais faire maintenant. Ma logique aurait du me dicter de partir, de me gaver de sang et de me cacher dans un coin, mais je ne voulais pas partir. J'avais une promesse à tenir, bien qu'elle s'avère être bien plus difficile que prévu. Seulement... pouvais-je prendre le risque de massacrer des innocents? June y arrivait sans problème lui... Dire qu'au début, je l'avais pris pour un humain. Un hystérique pot de colle, certes, mais une créature vivante, avec un c½ur en état de marche. En fait il était le même genre de créature que moi. Il passait plus pour un lutin avec sa petite taille, ses cheveux blonds et ses orbes vertes... Je me demandais ou il était maintenant. J'avais du le blesser après ce que je lui avais dis. Je serais bien allé m'excuser, mais je ne savais pas ou il était... Pourquoi je le cherchais toujours aussi, alors que je voulais être seul? Peut être parce qu'il était le seul des 1600 élèves à s'être lié d'amitié avec moi, et ce dès le premier jour.

Je me relevais, pris mon sac qui commençait à être un poil agaçant, et repartis la ou je l'avais planté. Je traversais l'étendue d'herbe humide, et arrivais à l'endroit ou nous nous étions séparé. Rien. Il était partit. Je donnais un coup de pied rageur dans un cailloux qui n'avait rien à faire la, et il alla transpercer une poubelle. J'haussais les épaules en repartant. Si quelqu'un m'avais vu, ce serait lui le fou de l'histoire, pas moi... J'allais dans le chemin entouré d'arbres, et fut soulagé de constater que la pluie m'atteignait beaucoup moins ici. Ce coin devait être très agréable en été. En avançant, je fini par apercevoir deux personnes discutant, l'une assise, et l'autre debout en face. C'était June, bavardant avec une jeune fille. Ils parlaient à voix basse, ou plutôt essayaient, car la voix de la fille s'élevait sans cesse, plus forte que celle de June. En m'approchant, je me rendis compte que cette fille était une des membres du groupe que j'avais voulu massacrer. Elle était grande et élancée, des cheveux entre le roux et le châtain tombant en cascade sur ses épaules. Son visage était fin, et exprimait une grâce et une délicatesse naturelle. Aucun des deux ne faisait attention à moi, et je réussis à distinguer un bout de leur conversation.

"- Et qu'est ce que tu feras s'il te traques ?
- Arrêtes de stresser...
- Je ne stresse pas ! Je tente juste de t'expliquer qu'il est spécial... qu'il est dangereux ! S'il t'as prit pour cible, il ne te lâchera pas avant d'en avoir fini avec toi.
- Je ne risque rien Amaury, on est dans un lycée.
- Rien ne l'arrêtes, et je le connais mieux que personne. Un lieu public ne le gène pas.
- Je sais me défendre.
- Tu ne seras pas sa seule cible.
- Merci du conseil. Vas-y maintenant, ils commencent à te chercher."

La fille poussa un soupire agacé, mais n'insista pas. Elle tourna les talons en rejetant sa chevelure en arrière, puis afficha un sourire aguicheur avant de rentrer dans l'établissement. Elle était... vraiment étrange. J'allais ensuite m'asseoir à coté de June. Il était inquiet, mais je ne savais pas pourquoi. Il me regarda, et je fixais le sol. Je n'aimais pas sentir un regard aussi pesant sur moi, surtout s'il venait de lui. Il s'étira à la manière d'un chat et posa sa tête sur le rebord du banc. J'attendais qu'il me fournisse une explication, mais il se contenta de bailler ouvertement, balançant ses jambes et admirant les feuilles d'un arbre. Il se mit ensuite à chantonner un air à voix basse, comme si il était seul. Voyant qu'il ne ferait rien par lui même, je pris la conversation en main... Mais en tournant autour du pot.

"- C'est... Last Song, non ?"

Il s'arrêta de chanter et me regarda, ne cachant pas sa surprise.

"- Tu connais Gackt ?
- Un peu... J'avais... un ami qui avait tes goûts musicaux.
- J'espère que lui n'était pas un monstre..."

Je ne m'attendais pas du tout à ce genre de réplique, bien qu'à l'origine j'étais venu pour m'excuser.

"- Désolé... Je ne voulais pas te vexer en fait...
- Dragues pas avec des compliments pareils ou tu te prendras des baffes.
- Idiot... Tu m'en veux ?
- Mais non t'inquiètes pas little koneko!
- Quoi ?
- Bein little koneko, koneko signifie chaton en japonais, et little... parce que j'avais envie en fait.
- En gros je suis ton petit chaton.
- NON ! Juste petit chaton.
- Et en quel honneur ?
- Celui d'avoir un grondement, des griffes, et des yeux de chaton.
- T'es... vraiment grave...
- Vouiiii !!!"

Il se mit à rire, et je laissais un sourire s'échapper de mon masque de froideur et de rigidité absolue. Il ne restait pas vraiment vexé longtemps... ou alors il ne l'avait pas été, et je m'étais fait des films. Il s'arrêta de rire pour bailler une nouvelle fois, avant de poser sa tête sur mon épaule en fermant les yeux.

"- Veux faire dodo...
- On a cours dans 10 minutes.
- Bah je dormirais en français alors.
- June...
- Oui ?
- De quoi parlait cette fille... Amaury ?
- Je t'expliquerais plus tard, c'est pas très important."

J'esquissais d'un signe de tête. J'avais mon temps, et si il disait que ce n'était pas important, je ne devais pas avoir de raison de m'inquiéter. Je le poussais pour l'obliger à se lever, et fini par le mettre debout de force avant de le traîner par le bras. Cela me rappela étrangement mon premier jour, sauf qu'il ne m'avait pas traîné. Nous traversâmes la cours au pas de course, la pluie ayant redoublée de férocité. Une fois dans le bâtiment, nous étions trempés, nos cheveux dégoulinants d'eau. June se plaignit que sa coiffure n'allait pas tenir, et nous allâmes nous coller à un radiateur. Nous serions en retard... mais ce n'était pas bien grave. Mieux valait être sec et être en retard. Nous nous assîmes contre le chauffage, collant nos dos à l'appareil. La chaleur était agréable, mais mes vêtements mettraient du temps à sécher. Je fermais les yeux, me laissant plonger dans un demi-sommeil. Un poids sur mon épaule me laissa penser que June s'était endormis, et qu'il avait choisis son oreiller. Je m'apprêtais à m'endormir à mon tour, quand le poids sur mon épaule se transforma en une force monstrueuse qui m'écrasa contre le radiateur brûlant...

# Posté le vendredi 23 janvier 2009 17:48

Modifié le jeudi 25 juin 2009 11:34